J'emprunte à Pline l'une de ses citations - vita vigilia est - pour saluer la parution d'un numéro spécial de l'UFC - Que choisir : Touche pas à ma vie privée. En reprenant les grandes situations de la vie courante où vos données peuvent être exploitées, ce numéro spécial recadre, recontextualise les faits en mettant en les mettant en perspective avec la loi, en l'espèce la loi française.
Or si celle-ci évolue actuellement - par exemple avec le débat actuel sur l'adoption sur la loi - la réflexion se fait au niveau de l'état. La France légifère et s'interroge sur l'usage qui peut être fait de données par des administrations ou les citoyens français sur son propre territoire.
Or, dans le monde globalisé, nous, internautes - citoyens, consommateurs, acteurs économique, ... - pouvons agir en utilisant des données transitant au sein de plusieurs Etats. Depuis de nombreuses années, certains états, à l'instar des Etats-Unis et du programme , ont mis en oeuvre d'importants moyens pour analyser les données transitant sur différents territoires. Faute de gouvernance, une logique du far west prévalait et prévaut encore aujourd'hui.
Cette gouvernance est une affaire d'état(s). En France, un organe existe : la CNIL. En Europe également : le G29. Mais quid au niveau mondial ? Quels exemples peuvent impliquer une gouvernance mondiale en matière de gestion des flux de données ? Ceux des banques par exemple. Dans un avis de 2007, la CNIL, justement, expliquait clairement le problème de gouvernance posé par le système SWIFT. Pour faire simple, chaque transaction entre deux acteurs de deux pays différents doivent passer par un système tiers pour effectuer l'opération. Ce système c'est le SWIFT. Imaginons maintenant ce qu'il peut contenir. Les virements pour les évasions fiscales, ceux d'entreprises vis-à-vis de fournisseurs et / prestataires pouvant illustrer des secrets industriels, ceux d'organismes entre eux, la liste est longue. La localisation de ce système est clé : son indépendance garantit et forge la confiance que peuvent avoir chacun des acteurs dudit systèmes. Et c'est là que le bât blesse, justement puisque les Etats-Unis, dans l'après 11 Septembre ont pesé pour avoir un droit de regard sur ces données comme le relate cet article des Echos.
Seule l'information de tous permet une meilleure compréhension de ces enjeux... qui nous permettent d'en finir avec l'attentisme qui est le nôtre.
EDIT : vous pouvez lire avec profit cet interview du président de la CNIL publié par les Echos : Alex Türk.