Pivatisera, privatisera pas. La question se pose. La Poste le sera-t-elle ? Car, il faudrait, selon l'actuel gouvernement, que son statut évolue afin d'être compétitive. Comprenez, le courriel à remplacer le courrier et qu'il faut bien pouvoir s'adapter. C'est en substance le discours tenu ce matin par Christine Lagarde sur France Inter (cf. L'invité d'Inter).
Mon propos n'est pas d'interroger la pertinence de ce discours. Quiconque s'intéresse au sujet n'aura qu'à examiner les récents changements de statuts d'anciennes entreprises publiques pour se forger sa propre opinion et les exemples ne manquent pas (EDF ; GDF ; France Télécom ; DCN ...).
Je souhaite simplement questionner un aspect du problème qui n'est que rarement abordé. Julien l'a pointé dans son dernier post : Les TIC et le durable. Prolongeons la réflexion. Aujourd'hui, notre correspondance postale est assurée par une entreprise publique. Dans son ensemble, cette entreprise, émanation de l'Etat, n'a qu'une fonction : assurer la correspondance des plis. Elle n'a pas pour vocation première d'être profitable ni d'optimiser ses centres de coûts. Deux principes en découlent : d'une la péréquation tarifaire pour le prix de l'affranchissement, de deux, une accessibilité garantie de façon équitable sur l'intégralité du territoire. Ces deux principes fondent l'accessibilité aux services postaux. Ces mêmes services se devant d'être transparent dans l'acheminement du courrier, transparence qui fonde la confiance de l'usager. Si je poste mon courrier à Trifouilly-les-Oies, je m'attends à ce que mon correspondant d'une part reçoive mon message et qu'il en soit l'unique destinataire.
Ceci n'est possible que dans une entreprise publique. Elle seule peut garantir cette transparence et l'efficacité du secret. Qu'en sera-t-il pour une entreprise privée ? Elle parlera sans doute de qualité de service, de délais garantis. Certes, ceci est appréciable. Mais est-ce là le nerf de la guerre en matière de correspondance ?